La dentition de Mélanie Klein
Il y aurait à s’interroger sur les conséquences pour Klein d’avoir été analysée par Abraham qui lui même ne le fut pas, en tout cas comme Freud lui même , à Fliess près ce qui n’est pas rien, en tout question oreille cette opération semble avoir mieux fonctionné que l’annafreudisme qui, certes, enkystait le genre avec l’enfant. Dans les déclarations de l’enfant surgissent ces figures redondantes qui supposent un risque de dévorration , figure archématernelle qui semble répondre, sans limite, à la demande infantile, à moins que le bâton phallique ne vienne coincer les mâchoires. Ce retour dans l’imaginaire traduit un effet de signifié de ce qui est logiquement avant tout (c’est à dire non pas ontologiquement mais de structure) le creusement topologique du réel par le signifiant, car le signifiant s’il peut détaché du sens de ce réel informe et compact et continu va en même temps constituer un évidement, un trou dont l’équivalence serait ce rien qui signe justement l’absence de réponse et l’avidité en retour que reçoit la demande. Le symbolique échoue à dire le réel autrement qu’en ménageant dans sa propre structure une répétition qui décrit la structure dans son excentricité centrale. L’imaginaire kleinienne qui en résulte porte à la fois l’effet d’une pacification mythique et la possibilité de décrire ce mythe comme soumis à une raison qui en forge le concept et l’effet second, exactement à la mesure du fantasme dans son éeveloppement ternaire et inversement du temps logique. L’imaginaire n’existe comme le rêve qu’au titre de son exposition, il porte la marque irréductible du trou dans l’Autre dont il atteste l ‘excentricité mais qu’il ne peut concevoir comme récit que parce ce récit forme l’exposé symbolique de ce redoublement du réel. L’inhabitable trouve dans ce récit le cadre d’un centrage domestique loin des hurlements sans fin du xénos, là où règne justement la pacification du réel , sa contention par la désignation. Cependant de par le caractère noué des consistances, il n’y a pas à attendre quelque paix qui serait la certitude harmonieuse de pouvoir trouver un lieu protégé et reconnu, C’est bien comme l’a montré Freud au coeur du familier que se met à surgir l’ombre de l’Unheimliche, cette présence obscure qui défait la certitude du nom et appelle à des noces barbares à travers desquelles se défait et le fantasme de défense et la nomination névrotique pour ce qui faisant sinthome livre au désir la contention de vérité d’une nomination sinthomatique. Le développement du schéma optique forge le rappel structurel en démasquant le réel au lieu de chute du spéculaire. Cette chirurgie première à quoi conclut Freud suppose une autre perspective qui, elle seule, peut rendre compte de la demande désespérée de l’hystérique d’un rapport pur , car cette pureté qui serait l’idéal fusionnel de l’amour est aussi dans le fil d’un rigueur qui serait l’éthique justement de ce réel commun aux consistances . Ce point de vue est celui d’un désir qui retient l’hainamoration non comme une peine mais comme l’appel à un dépassement qui ne passerait pas par la bruyance kleinienne de l’impuissance du symbolique , sa forclusion car alors il ne pourrait s’agir que de l’effacement du sujet dans un ralentissement perceptif et en particulier du regard d’un Autre perdu de toute référence maternelle. L’effacement du sexuel dans la demande pure est tout autant ce refus de la castration qui vide l’Autre de son obsession , l’obligation de penser le différent, un différent qui serait à même de poser le féminin au delà de ses impasses spécifiques inhibition et maternité. Ce qui surgit au coin du feu, dans le home protégé de l’extérieur n’est ainsi pas l’épouvante de la nuit des morts vivants (version obsessionnelle) ni le tremblement fusionnel de la présence des choses (version hystérique) mais bien la dialectique réelle d’une structure ouverte dont l’écriture du sinthome est l’ébauche.