J perform reenactment
La scène artistique contemporaine cherche à produire un événement qui défasse la fétichisation du signe, y compris la logique muséale du ready made. Quelque chose de l’ordre du concept cherche à s’exprimer comme un écho d’un prolongement du texte de Benjamin sur l’objet technique.
la performance de Duchamp trouverait alors une forme directement linguistique dans un acte en deux temps
premier temps
JOSEPH BEUYS:
Wie man dem toten Hasen die Bilder erklärt (Comment expliquer un tableau à un lièvre mort) 1965
second temps
Marina Abramovic
How to Explain Pictures to a Dead Hare
Solomon R. Guggenheim Museum, New York
November 13, 2007
L’intervention d’Abramovic comprend plusieurs séquences de même nature
premier temps
VALIE EXPORT
Action Pants: Genital Panic
Augusta-Lichtspiele , Munich
April 22, 1969
Original duration: approximately 10 minutes
second temps
Marina Abramovic's Performance of GINA PANE's Action Pants: Genital Panic
Solomon R. Guggenheim Museum, New York
November 11, 2005
Duration: 7 hours
sur une base autocitationnelle
premier temps
Marina Abramovic
Lips of Thomas
Galerie Krinzinger, Innsbruck
October 24, 1975
Original Duration: two hours
second
temps
premier temps
second temps
Lips of Thomas
Solomon R. Guggenheim Museum, New York
November 14, 2005
Duration: seven hours
nous sommes vraiment dans un processus qui effectue la distinction du signifiant par un acte en deux temps, Verwerfung de la Verwerfung tout autant, il est du moins supposé qu’il y a effectuation du signifiant dans la répétition d’un schème d’ailleurs nullement inaugural, d’ailleurs arbitraire bien qu’énigmatique et spectaculaire, sortir de la sidération, de la compacité par quelque chose de quelconque qui exclut un signe comme différent fondateur, qui institue le Différent par redoublement citationnel, ce qui est très différent de la position de Duchamp qui demeure dans un simple reflet du signe, le signe du signe est un signe, le signe pour un signe est un signifiant
Il y a derrière, la notion d’acte de langage une dimension opératoire assez éloignée de la dimension même du langage, mais il est utile d’y jeter un oeil. Il s’agit donc de souligner que le langage viserait avant tout des actions , en opposition à une fonction descriptive jugée trop passive qui fixerait le réel autour de propositions absolues de vérité et donc contre l’engagement d’une parole active sur le monde. Pour suivre notre exemple précédent, il conviendrait de distinguer une phase descriptive et une phase opératoire. L’urinoir de Duchamp n’adviendrait qu’au titre du marteau qui l’attaque.
La distinction d’Austin porte en ce qui est constatatif donc indexé à une notion de vérité et ce qui est performatif donc soumis à une vérité activée, distinction assez arbitraire il est vrai, que l’on mesure une simple phrase comme “Marie est en psychanalyse” où le constatatif annule le performatif de l’acte. La pragmatique linguistique d’Austin-Searle généralise les actes de langage, ce n’est pas pour rien que cela puisse sombrer dans la pragmatique cognitive, dès lors que le double terme localisé-délocalisé est annulé.
La formule” les actes de langage sont constatatifs” pose le caractère moebien de l’affaire.
Les conditions restrictives qui supposent une adresse comprise introduisent une intersubjectivité donc un insu supposé su. Au point qu’Austin en vint à reprendre cette opposition pour construire alors un ternaire de propositions
Les actes ‘’’locutionnaires’’’ que l’on accomplit dès lors que l’on dit quelque chose et indépendamment du sens que l’on communique ;
Les actes ‘’’illocutionnaires’’’ que l’on accomplit en disant quelque chose et à cause de la signification de ce que l’on dit ;
Les actes ‘’’perlocutionnaires’’’ que l’on accomplit par le fait d’avoir dit quelque chose et qui relèvent des conséquences de ce que l’on a dit.
Ce bricolage de l’intersubjectivité ménage pour le coup un constatatif pratique, qu’il y a de l’insu que sait du performatif
Ce à quoi Searle va apporter une distinction complémentaire, le principe d’exprimabilité qui rendra de fait une proposition intelligible et donc actuée
pour toute signification X, et pour tout locuteur L, chaque fois que L veut signifier (à l’intention de transmettre, désire communiquer…) X, alors il est possible qu’existe une expression E, telle que E soit l’expression exacte ou la formulation exacte de X.
Searle va ajouter un certain nombre de termes qui semblent vouloir contenir de manière directionnelle une parole diffluente ( la direction d’ajustement entre les mots et le monde – soit les mots « s’ajustent » au monde, comme dans une assertion, soit le monde « s’ajuste » aux mots, comme dans une promesse...la force avec laquelle le but illocutionnaire est représenté, qui dépend du degré d’explication de l’acte...)
Un pas de plus qui va être une fermeture paraphrasique de l’inconscient va distinguer chez Ross une structure de surface et une structure profonde, toujours présentes même si non explicites. La distinction descriptive vient se boucler sur une confusion telle que le performatif vient à se sidérer lui même.
Des individualités explorent un territoire supposé premier ou nouveau, toujours au bord de l’aphasisme originaire, donc selon la pente jungienne du signe. Que l’on songe aux vertus un temps de la sémiotique. Milan en regorgeait.
D’aucuns marchent, entre Wittgenstein et les situs “ Nous nous sommes engagés sur la glace glissante où manque la friction, donc où les conditions sont idéales en un certain sens, mais où en revanche, à cause de cela, nous ne pouvons marcher. Or nous voulons marcher; nous avons alors besoin de friction. Retournons au sol raboteux”. C’est dans le tractatus, entre la fuite de la haute bourgeoisie et les fondamentaux logiques.
errance sur le fil , Marika Buhrmann, on est chez Deligny donc
l’imitation de l’énigme, laisser l’autre aux aléas de l’hors symbolique, en supposant aucun don de l’Autre. des noms viennent sur cet appel, Gabriel Orozco, Krzystof Wodiczko, Stalker, Stanley Brouwn, Michelangelo Pistoletto, André Cadere,
Hamish Fulton, marcher à la limite de ses forces, marcher sous drogue,
deriver, Debord
le corps marche et se retourne sur lui même, s’expose, s’implose, citationnel encore
devenir chien, Oleg Kulik, loin du totem de Beuys (mais on y pense aussitôt)
on peut songer certes au Bataille de l’expérience intérieure, jouir de n’être plus soi même
Jiri Cernicky traverse la ville en moto, masque de Munch vrombissant
Katarzyna Kozyra est sans doute du côté d’Orlan, transformation sexuée en écho de l’image d’Olympia
l’épuisement du performatif dans la répétition d’une sémiotique dès lors attendue impose une évolution à plusieurs vitesses, soit par fétichisation de l’objet performatif comme chez Paul Mc Carthy
ce qui n’est pas la construction d’un happening ou le côté ready made des nouveaux réalistes; il est vrai que le désenchantement du monde est total puisque le réalisme du capital est universel, ce qui conduit certes à une sorte de sculpture potentiellement performative
Martin Kippenberger
ailleurs le résidu politique desaxé trouve dans un microévénementiel du détail ordinaire une forme d’actuel errant à efficacité aléatoire
Marie Auvity
le travail est dans le hors champ de l’art, en zone d’oeuvre non identifiée
Leopold Kessler
le trouble fête intervient dans les espaces publics de l’ordre totalisé, mouvement dans le flux de la surveillance d’une subjectivité irréductible aux effets statistiques
Ainsi d’ailleurs en est-il réellement de la visibilité d’une oeuvre pour qu’un Cezannne soit en couverture du Monde il faut qu’il soit volémicro-intervention qui trouble justement la fixité du regard dirigé, dès lors que la vérité performative est objet muséal , à quoi ne peut répondre que l’impact signifiant d’un doute fabulatoire sur le vrai
Gianni Motti, The Victims of Guantanamo Bay (Memorial), 2006.
8 plaques en aluminium anodisé gravé, 105 x 640 cm.
l’artiste saute dans le vide, n’est pas sans sauter dans le vide, ne saute plus, depuis le geste de Klein
citation dès lors pour McCarthy, pour Julien Blaine
la pente dansée, Robert Morris qui abandonne la peinture dans ce conflit entre chose à faire et chose achevée, le bouclage de l’acte sur l’objet exposable, le possible dansé, Alain Buffard
l’artiste est sans doute à terre, gisant, mort, rite funéraire possible comme art du capital, La Ribot, Avignon 2003, à tombe ouverte, relève tout autant de la pensée critique défunte dans l’université robotique
demeure le texte à lire, texte en attente de lecture, l’écrivain lisant, Guyotat, le poème porteur peut être pas sans une inclusion des discours institués à subvertir nécessairement, pour redonner au corps une nouvelle force performative, Kira O’Reilly, Ron Athey
Limited Inc peut-il nous permettre de nous y retrouver un peu mieux? c’est à la fois possible mais le discours qui s’y cherche est-il autre chose que l’éternel paraphrase de la question signifiante? Il s’agirait des actes de langage donc et de la controverse entre Derrida et Searle. Nous lisons vite, toujours presque à bout de souffle, comme s’il fallait extraire très vite quelque chose avant d’être noyé dans le philosophème redondant. Échapper à la communication qui localise le signe, son contexte. L’écriture qui pourtant chercherait à fixer quelque chose va surtout apparaître comme sans destinataire, en tout cas dans le jeu imaginaire de la présence de l’autre , loin de cette contextualisation qui encombre le communiqué et conditionne sa lecture possible. Il s’agit de distinguer les divers niveaux de signification y compris inconsciente de quelque chose qui en est la matrice, la subversion, le possible. La vérité est toujours en excès, au travers de la forme non réductive de l’expression écrite d’un nom. Il n’y a pas d’origine que le leurre de la série. Un toujours déjà là qui n’est jamais que l’actuel fantomatique de sa certitude. Il y a de l’événement qui ne signe aucun retour, sinon le semblant d’un nom qui autorise la série du texte, son dépos. Le leurre là encore de l’auteur qui fait référence peut être. Mais alors il y a commentaire, lecture, perte, qui ne peut qu’être pris dans l’incessant départ de son projet, infini de facto, le dernier point de la lecture de Freud est son commencement, croisé à celui de Lacan pour le texte fondamental, non sans Derrida, Deleuze et plus de quelques autres, soi même pris dans la reprise incessante, incertaine de son essai. Il s’agit d’écrire sans cesse pour en venir à toucher quelque concept, perdu dès que soumis à lecture. Non ce n’est pas cela, et pourtant c’est cela même. Pas sans les effets de marge, de bord , de contexte qui déplace le centre de la lettre non sans tenir à la structure justement qui porte la langue. Cela ne peut tenir qu’à épingler le jeu des différences qui sont réel pour autant qu’elles portent au différant ou diffr@nt plutôt. L’itération reprend ce qui ne fut pas sans être et n’est point dans l’acte itératif qui vient supposer un élément un qui n’est que le différent d’avec lui même. L’écriture vient porter la trace que cette opération de fuite dans le semblable différencié. Le nom imaginaire leurre l’identique du texte à lui même, au prix d’être réel soi multiple en soi. L’auteur comme auteur est toujours mort, enfin, ce que nie bien sûr l’auteur à lire, très actuel ce jour ci, pas demain. Comment allez vous mon chez Spinoza? Nous ne parlons qu’au delà de ce qui se dit, non seulement à cause du sujet mais aussi parce que ce sujet lui même dérive en sa structure liée à l’espace temps de sa présentation. Spinoza attend sa réponse, tout est affaire de condition. Affaire de violence du commentaire. Correspondanse au fil de dires multiples, fragmentés, certains de lieux pluriels. Sortir du binaire selon l’indécidable de la vérité, soi ce qui n’est justement pas mort. Une autre logique est possible. “il s’agit de penser par là à la fois la règle et l’événement, le concept et la singularité”Une rigueur non universitaire qui s’oppose au disciplinaire. L’impureté du concept est le concept. Aucun relativisme, mais un ouvert indéfinie au contexte, loin de la police de sa fixation “il faut bien que la différance ait travaillé la référence”