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il pleut

 

il pleut

 

       Ça commence comme ça, il faut bien que ça commence par quelque chose, ce sera dans le fin fond des histoires déjà dites,  ce sera donc un jeu sur le terme d’homme. C'est au début que va se marquer le rythme, ce sera un creux qui va s'imposer ou non dans les  débuts une impulsion qui porte, qui prend le risque en tout cas. Avec un creux se fera la sanction , la science friction, enfin quelque chose qui coupe par rapport à la monotonie du récit dans lequel nous sommes embarqués, il faudra donc écrire les choses méticuleusement, il faudra regarder les paysages avec attention, il ne s'agira nullement de regarder les choses avec poésie, il faudra franchir ce pas pour aller plus loin jusqu'à ce cheval qui passe à l'horizon, cette sirène tritonysée nue sur la couverture, en réponse à une punition dont on a oublié le sens, l’impudeur à laquelle elle serait contrainte la ferait ressurgir au milieu d’un paysage désolé, sans aucun regard de fait pour attester du sens, donc un passage pour rien, en tout cas loin dans le temps et dans l’espace avant que le marais devant la clôture ne soit asséché pour quelque nouvelle construction, c’est une légende pour faire tenir la raison, mais il semble qu’il n’y eut jamais rien de semblable, juste quelques notes en bas de page d’un manuscrit

        Ce qu'il manquait ci-dessous est toujours quelque chose qui vient faire obstacle, nid de nuages, il est toujours quelque chose qui vient faire ne serait ce que la même couleur, celle des pluies sur la fenêtre au-dessus , à travers laquelle il est possible de deviner, et donc de réduire les dossiers trop lourds , c'est écrit de manière uniforme et l'on peut espérer que c'est bien sûr le mal qui force à écrire quelque chose, qui prendrait ainsi sur le dessin, le réduire au fragile d’une esquisse presque invisible désormais

          Le pouvoir des formes fauves qui ne se concrétisent dans aucun espace, toujours devant et déjà passé, un instant la main réussit à saisir et aussitôt le geste se perd, peut être parce qu’il s’agit de travailler dans la masse des choses mortes et que l’imaginaire ne peut pas forger la chair de papier bien loin

      Alors il y a des hommes qui descendirent de la montagne avec des bonnets de couleur, ils semblaient savoir se  comporter, on  aimerait savoir comment ils avaient pu être sélectionnés pour cette tache aussi infâme,  c'était beaucoup, c'était déjà ça, c'était une tentative d'arrêt, s'arrêter tout de suite, ne plus rien attendre du fil du temps avec toutes les couleurs relatives qui sont potentiel de palette.

       Ce matin serait un  dernier passage , il ne sera plus question d'autre chose que d'essayer, essayer de voir comment une somme quelconque, par exemple 0,18 € , c’est la machine qui traduit les choses ainsi, comment cette somme sera suffisante pour se maintenir en vie jusqu'au bout et pour rien, il faut quand même en dire quelque chose, la main s'est brusquement crispée, plus rien ne sort, il n'y a aucune forme qui se concrétise, ceci rejoint l'impression lourde d'un texte inutile coulant de l’université qui s'accumule sur les rayons comme autant de livres morts

     Le type est passé pour tout mesurer, charmant avec sa petite tablette, notant les objets, définissant certainement le prix, le volume de la manutention , ceci est dans une atmosphère absolument transparente malgré le gris du ciel , cette ligne qui persiste au-dessus des chevaliers qui sont recouverts de fruits de plus en plus rouges malgré l'absence de lumière et la caravane des chevaux poursuit sa démarche immobile à côté de grands tableaux dont l'existence reste parfaitement problématique dans leur production, écrire sous la dictée suppose un souffle, c'est une expérience assez étrange que de se laisser porter par l'oreille, c'est que ce qui vient surtout lorsqu'il n'y a plus aucune inspiration et que l'ensemble est devenu d'une grisaille homogène, c'est assez intéressant de se voir réduit à quelque chose qui dans le fond ressurgit parmi les grands boulevards au-dessus ou plutôt à côté, là où la plaine s’ouvre, pleine de chiens, est ce ça qui soutient les derniers souffles, lentement, qui glissent à la surface des choses dans une espèce d'épuisement qui suppose toujours et malgré tout cette énergie de la balle parmi les couleurs merveilleuses qui apparaissaient plus avant. Et qui depuis Luchon est un triste répond comme l'existence, comme la pensée, comme la ville de soleil pour quelque nostalgie, un  lieu orange, «petit crapaud te plaît d’être au repos pourvu que buffle ne le mange» disait la chanson, ritournelle d'enfants qu'on devait me chanter peut-être, je n'en suis plus très sûr,  c'était sans doute une autre histoire que j'ai emprunté à tant de gens que j'ai écouté pendant des années dans cet effacement de soi qui, in fine, ne laisse plus rien.

    Trier devient possible envie d’un certainement , mais il vaudrait mieux toujours prendre un sac, partir, les forces ne sont pas, survenir, jamais été intéressé, le respect pourrit sur place, ce n'est guère réjouissant , il revoit la photo, c’ est étrange , le grand-père au dessus , en dessous en un triangle il y a son épouse et la soeur de son épouse, plus bas deux femmes et un bébé, de côté un enfant accroupi un peu plus grand, c'est soit le commis qui prend la photo, c'est-à-dire l'amant de la grand mère , ou alors son père , un dispositif évident, un montage qui révèle le structure comme diraient des anthropologues, mais l’ anthropologie n'est-ce pas..., la comparaison se poursuivre plus avant comme cette séance qui n'a pas lieu, c'est étrange ce type qui n'arrive pas à se serrer un peu sur sa parole, il a sans doute raison de ne pas y accorder trop d'importance car in fine ça ne sert à rien, ça c'est une étrange rue, cette photo prise de commande, plus rien en fait , il la regarde de l'extérieur, il a pu en faire des détails , des agrandissements, il a du les dessiner tous, s’y est épuisé simplement pour suivre , rien d’interdit , cuir comme cette porte en face, ce que chantait l’indienne , du temps de la peinture sur Montpellier, rien n’empêchera une structure en bois de faire consistance, un frais sommeil semble bien plus récent, c'est étrange comme tout est devenu uniforme, évident, absolu, rien n’a vraiment existé , il suffit d’attendre quelques jours, quelques semaines ,que ça s'arrête , ce serait enfin pour voir un peu ce que ça va donner quand ça va s'arrêter ce truc dont, à vrai dire, on ne connait pas le début

    Il y a deux photos du père, une de garde , de face à l’allure signalétique, crâne presque rasé , fusil de côté et une autre photo accoudé,  bouteille de vin, cigarette au coin de la bouche, séduisant, le contraste entre les deux est absolu, il faudrait que la parole soit régulière, c'est le problème , sinon l'appareil arrête immédiatement,  le moindre ralentissement du souffle est aussitôt affligeant et puis il devrait être possible de régler le rythme pour ne pas être obligé d'être dans cette précipitation de regarder les objets, de les décrire au fur et à mesure comme ces héros en face écrasés par la pluie qui n'arrêtent pas de tomber maintenant jour et jour 

    Le vide se creuse avec certitude selon le style de dépression qui se nomme fuite du réel et puis c'est cela l’épuisement des choses et pourtant les lumières reviennent, cette lumière qui devrait réchauffer le vieux coeur et le vieux corps ratatiné, c'est une blondasse avec son bébé, regard crispé, ce doit être «j'aime bien la ville de Paris» , au-dessus dans le coin il y a des fleurs, je ne sais plus, qui envahissent tout absolument du mur de bois, l’image est saturée mais bien présente, elle siffle sur les choses parmi les fleurs, chacune plus nette, ridicule comme tout ce qui ne vient plus

     Si tu as commencé cette absence c'est une succession, à chaque fois chacun chacune serait-il avec son style particulier qu’il elle arrache un morceau de ce qui faisait la consistance vaguement de présence à la lettre, au livre, la présence polyglotte de mosaïque va se transformer progressivement en cette espèce de bouillie qui s'annonçait, c'était dire quelque chose qui a l'air consistant et qui se met à fondre un peu comme après tout l'hypnose chez Valdemar qui reste une image oh combien amusante de décomposition de l’entendant cette fois, in situ , réel, cette distance d’avec la chose que l’écoute avait écarté tout ce temps, ce qui avait montré figure en quelque sorte, à la fois la pensée et le geste se trouvent disloqués progressivement, la belle image disparaît au bout des doigts et la lecture n'apporte aucune sensation autre que de répétition, de sorte que les formes textuelles ne peuvent plus prendre place

     Alors que l'appel à la prière du muezzin montait dans les rues menant vers le Bosphore, des camions-poubelle achevaient de ramasser douilles de gaz lacrymogènes, détritus et restes des barricades. 

      Nous sommes cependant dans un espace réel. Une réalité relative taillée de cris étouffés par les polices du monde qui toujours veulent faire taire les mouvements de bon sens et de liberté et y préfère les stupides sectaires qui savent la Vérité du meurtre ordinaire, je me souviens bien du café de Loti ,remontant lentement depuis le Bosphore et la grande porte qu'il fallait pousser de l'épaule lentement, c'était un temps où il n'y avait qu’un feu rouge à Istanbul, c'était le temps des deux chevaux qui traversaient le monde jusqu'à Katmandou, faisant le tour de Méditerranée, c'était le temps de l'espoir de la jeunesse, nous étions après 68, nous pouvions penser que le monde cesserait d'être absurde, l'expérience a montré qu'il est devenu bien plus stupide après, qu'il n'y a donc pas grand chose à attendre, l'avenir, sa propre vie, c'est l'avenir du monde qui donne cette tonalité particulière, même si nous voudrions être actuellement sur la place en train de protester,  contre ces sociaux démocrates adeptes actifs qui n'apportent rien que la médiocrité de sa propre réponse à l'horreur d'être vivant, ça a l'exigence d'un érotisme dans le cher marquis porte souvenir vaguement intellectuel

          Le dépassement de soi même par le vide porte couleur de vérité dans l’attente neutre des firmes qui pourraient venir. Il faut admettre que tout s’endort jusqu’au bout et ce n’est pas l’agitation vide du semblant qui va changer la moindre chose désormais 

         Pas grand chose à redire, le temps est glissé avec ses limites , le site est habituel .A travers notre esprit légèrement embrumé le temps a sectionné notre pensée et puis voilà tout est rentré dans l'ordre, dans un ordre de testeur constant, au pire moment qui serait supposé, tout ceci rentre dans une espèce de routine morte et l'avenir sera bien sûr heureux dans cet espace très économique où rien ne se produit et ne se produira donc, jamais sérieusement, une relative extension du corps ne change pas grand chose . Nous sommes à J -quelque chose, c'est-à-dire que nous allons bientôt commencer l'atterrissage de la fusée, les acteurs que vous allez bien connu, une centaine comment ça, s'éloignent lentement et quittent le navire. D'ailleurs il s'est mis à pleuvoir, le temps est épouvantable et nous n'avons jamais été très loin. Comment va se passer la suite des opération . Il est vraisemblable qu’il y aura quelques plais, quelques bosses et que le dispositif légèrement décalé de la scène va être indicatif pour la plupart de l'avenir qui sera parfaitement vide. Cela laisse la supposition qu'il y ait une suite de cette histoire est illusion de plus et donc de moins

         Il y a cette poussière qui remonte de la plaine, de la peine si on veut tout autant, ce contenu de Sandra Kim pour évoquer ce nom hypothétique qui surgit à la dictée et dont il faudra construire le récit à travers les noms qui surgissent par moment,  je crois que nul ne s'en rend compte, une porte qui nous entraine et  qui a la consistance même de notre parole maintenue malgré le vent, maintenant que nous sommes seuls face que la forme de notre minimum, rien à attendre de très précis que cette insulte à notre propre vie dont il sort le survivre dans un monde d'effets de commerce, jamais personne ne viendra me porter sur le sol, ce ne seront que les derniers, nous sommes déjà le dernier, je suis seul et je marche lentement, il n'y a plus le soutien du dessin d'écriture, je suis semblable à la pluie qui tombe, caillou bercé par le suivre, je marche et je m'enfonce dans cette nuit que je n'ai pas quitté depuis toujours et brusquement, hier, que la grande salle, une armée de femmes vieilles et marcheuses , excitées par leurs paroles de nuit et cette une qui chante, effrayant, sorte de cantine hallucinatoire du mouroir, marches infatigables sans hommes, sur le sommeil des routes,  sur les bords je marche, je suis perdu

        l’été est humide et la terre fraichement retournée porte polen des brassées de fleurs, des cris de sauvages sur la côte poursuivant quelque touriste à dévorer, regardons les choses en face, c’est vite dit, la phrase mériterait des développements infinis, enfin bref cela finit au fond d’une caisse et il n’y a pas grand chose à saisir de neuf

       Le linceul de mes dessins porte au front de ma débâcle , je suis rivé au foudre porteur comme autant de pleurs et de vie, elle s’éloigne la flamme gracile qui pouvait dire le chant, réduit à ce silence définitif ou s’épuise le clair objet, se faire courage de peu, s’effondrer à ce pôle, si proche déjà si loin le phrase inscrit dans la toile, rien ne survit que ce poids, le type passe ombre dans le vert, une dernière fois , après ce sera le banquet des vieilles jusqu'au bout, après, déjà, ah oui le frère raconte la mort de la tante, il ne reste personne, tous ont fini par crever, les textes sont mélangés in fine, belle pagaille, il faudra tout brûler avant que les gosses ou l’épouse ne le fassent, l'ordre mutique, l’absence dans la présence, ombre à soi même déjà retenue par les feux, la même image en tête, lâche au milieu des gens, le superficiel mortel, et lentement meurent les fibres, les étoiles, peuplement secret des rives qui ne trompent pas, un homme est couché dans la poussière , face contre sol, il semble prier ou peut être est-il mort, c est une affaire de saison, le bruit aigu des pendules et des forges

Salut copain sur lequel je n'ai plus aucune défonce, dans cette brume je m'enfonce, dans cette rue qui sera ma vie désormais, poussé dans le vent mauvais de l'année où je suis né et où je reste dans la contemplation des nénuphars bleu Chanel, cela justifierait lentement d’écouter et toi tu n'es jamais venu à la rencontre du cordon, quand même la responsabilité totale de cet échec n'est plus que des formes pour  m'accompagner et je n'ai plus aucune ressource pour donner la moindre surface , la moindre réalité  et ce qui aurait pu faire la forme de ma vie et cette ligne des prétextes depuis longtemps retirés d'eux-même avec circonstances naturelles

Il se contente facilement de ce pauvre vrai , c'est très fort et Harvey ne sert à rien, encore un nom qui surgit là dans le fil des débris du récit,  à l'économie lentement chaque jour davantage, plus loin et jamais ne trouvant le reflet d'un paysage de fleur de lys où y brancher quelques corbeaux qui se posent comme des bêtes, en attendant le dernier souffle qui ne saurait tarder car si je repousse chaque jour davantage cet instant je sais bien qu'il ne met plus beaucoup de temps pour compter les nuages

 

 

 

 

 

 

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