historia de la meva mort
histoire de ma mort
Albert Serra tourne le Quichotte et se retrouve avec un Casanova dans les Carpates, la salle est vide ou presque, le film est rejeté par la critique qui s’y ennuie, cette histoire de temps réel, c’est insupportable, cette lenteur dès le début, on se rend compte que le temps est suspendu et ce d’autant plus que la mort est proche, mort du désir avant tout, de la lumière, le repas s’éternise, l’homme est ivre, la femme attend au moins un minimum et rien, il s’effondre, le séducteur est encore en quelque château mais il y a la rencontre avec un Sancho de la nuit, qui a l’air tout gentil, qui trouve même que son nouveau maître est joyeux et instruit, le maître vire un peu jouissance scato, c’est comme chez Freud, porte ouverte à la nuit, la névrose démoniaque, régression sur le chemin de la jouissance libertine, le temps est lent mais aussi la lumière n’arrive pas à lutter, d’abord cette fracture du désir dans l’ombre antique, les flambeaux de Barry Lindon, du meurtre au jardin, et puis cela prend de l’ampleur, on pourrait croire que quelque chose se forme devant, la lumière s‘ouvre vers quelque Corot, les Lumières ont du mal à s’éteindre dans les effets d’une Révolution qui n’a pas eu lieu, on retombre chez La Tour, Caravage, il va y avoir des sacrifices du taureau, avant la saignée du père, peu à peu, il n’y a plus que la nuit et la soif des vampires, la jouissance Autre vire au massacre juste au bord du dépassement de la dialectique Kant Sade, au seuil de la douleur, Casanova n’en finit pas de ne pas mourir, entre deux morts d’une vie sans couleur, c’est un personnage qui lit, qui mange, boit, pleure, baise en même temps et puis tout se derégle , son temps est passé, à nouveau le temps est sans fin mais ce n’est plus l’ennui libertin, puis que l’Autre est négativé dans l’objectivité supposée du monde phénoménal