fureur de peu
dans la fournaise demeure l’enclos
bordé de filles blondes et folles
sans doute
ce goût de terre qui plombe le feu
écarte les lèvres
pour briser les dents
rien ne répond du visage
que son vide
cette parole prêtée
au vent
et tu crois toujours tenir
le nom qui ouvre
pâme secret de nuit
bordée du vent qui torve
Anna
face à neige
cette brume sur les bouleaux
que personne ne pleure
la fosse commune est d’ordures comblée
enfants et chiens compris
le camion cède sous la chaleur
et les enfants sans bras
finissent au chacal affamé
ventre ouvert
comme un oiseau
quelque chose peut-il encore faire parole
la brume recouvre tout
linceul de sang
le mur dissimule les agonies
verticalité sans regard
protection ultime avant le froid
la glace est conquise
et toujours ce sifflement...
solitude du dedans
il faudra faire don même de ce rien
porté par cette brise
si douce
qui monte du lac
si n’était toujours
cette fumée
rien ne porte soupçon
et le noir encre
semble encore trop lumineux
pour traduire le donné
à Anna Akhmatova