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ce qui ne saurait se voir

ce qui ne saurait se voir

 

le cinéma prétend rendre visible, aller au delà de l’image pour inscrire l’invisible dans une dynamique, un mouvement

Mads Mikkelsen est un acteur bronsonien, figé dans une posture dont l’extrait pour le moins le gros plan du visage de sa mort. 

Arnaud des Pallières reprend le thème du film de Schlöndorff de 69 et le texte de Kleist qui est lui de 1810. On peut penser que der rebell n’est pas étranger à un contexte actuel, ici nous sommes dans l’idéalisme ahistorique d’autant que la fin du roman, la lettre mangée est effacée du script. on est dans Game of Thrones, les légendes pour faire tenir tranquille les apolitiques qui vont s’éblouir devant la beauté des images, brume et paysages , et les chevaux magnifiques, et la lenteur du récit, et la question de Dieu,...Le texte de Kleist est sans doute plus politique et le maquignon pour le moins destructeur et inspiré, mais à travers une grande complexité de personnages pris dans la hiérarchie de l’Empire, il faut dire que notre homme menace loin au nom d’un principe d’équité dans ce bruit de révolte populaire que contient difficilement Luther. Dernier point le message de la sorcière qui serait une sorte de viatique pour le héros, son épouse morte qui lui fait porter au coup l’annonce de sa fin qui vaut pour chacun, mais bon!

 donc les grands portraits et des bouleaux comme dans la scène de Julie, des tissus blancs pour les morts et le sang de Rothko et un peu de brume, de la brume de théâtre bien sûr

Rien à voir et pourtant tout à voir, il faut voir et revoir, vérifier que c’est bien là, justement il n’y a rien, mais il doit bien y avoir quelque chose qui va combler l’image de soi, sinon il faudrait admettre qu’il n’y a pas de garantie d’aucune sorte, bref que tout signifiant de nature s’inverse mais c’est la même chose, le plus vaut le moins, aucun calcul ne fait parenthèse, le signe suivant demeure indéterminé et la lettre de fait indistincte, bien sûr dans l’adresse, il y a quand même un autre pas très fiable mais toujours là en principe, ça ne fait pas métaphore, sens, pas un lieu tiers vraiment, un ami, comme chez le paranoïaque, il suffit de venir le voir pour que ça calme un peu cette anxiété, le compte n’a pas de terme logique, c’est la pulsion de voir , de pouvoir vérifier qui se met à ne plus fonctionner, il y a comme un blanc, une hallucination négative, jusque là il était possible de tenir cette énigme d’un oeil, et là plus rien ne fonctionne, ce désir soudain d’au delà de ce que le plaisir du visible permettait, il y a certainement une loi de composition de ce truc, une façon de s’y retrouver, sinon voir le sexe de la femme, écrire la lettre, ce serait toujours à recommencer, il manque un détail assez précis, une nuance, il y a du vivant, ce trouble de chair entr’ouverte, tout se met à vibrer, cette vie non localisable, pourtant ce serait très bien le froid d’une abstraction, c’est par cette faille qui vient de l’oscillation incessante que surgit une horrible jouissance, donc il convient de refroidir tout ça grâce à un rapport distant au vivant, mais çà ne va pas non plus puisqu’alors tout signe quelconque se charge de cette puissance du vivant, d’ailleurs peut-on être sûr de la vérité du regard, les yeux exorbités qui regardent, regarder d’un oeil externe, son regard, mais alors mort sans doute, l’interdit porte sur la lettre même, impossible de formuler quoi que ce soit sauf si quelqu’un, un inconnu, vient proposer n’importe quoi, mais dès qu’il est connu, n’est-ce pas, ça recommence, à la fois tout ceci est absurde et lourdement présent, l’ordre ne vient ne nulle part, il n’y a eu aucun meurtre, mais justement c’est encore plus impératif, après tout le crime est de langue, cette impossible colmatage de la langue sur elle même, la proposition hystérique de l’analyse dans le fond ne fonctionne pas, ce S2 n’existe, aucune supposition, alors je fais logorrhée, j’ouïs le jouis, mieux j’ouïs le nom du père , je dois comprendre ce que je dis mais dès que çà parle, je ne comprends rien, je n’entends rien, je voudrait bien que l’on en revienne avant, quand je pensais à peine, juste ce qui convient pour être conforme à ce que voulait maman, alors les comptes étaient bons, tout était calme, ou presque, et puis je pouvais toujours aller voir du côté de cet Autre incarné

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